Les Assemblées de Dieu

en Alsace

une expression classique

du pentecôtisme français

 

 

 

par

Raymond Pfister

 

Journée d’études

Actualité des protestantismes évangéliques

25 mars 2000

Palais Universitaire - Strasbourg

CNRS – Société, Droit et Religion en Europe

 

Email: Raymond.Pfister@usa.net

 

 

http://www.pfister.ws/

 

 

 

 

 

 

LES ASSEMBLEES DE DIEU DE FRANCE EN ALSACE[1]:

 

Aperçu historique et points de repères

 

Les Assemblées de Dieu de France (ci-après ADD) représentent depuis 1932 une expression classique du pentecôtisme et font partie d’une des grandes « familles » pentecôtistes du monde.[2] Douglas R. Scott (1900-67), un prédicateur anglais originaire du Sussex et issu d’une communauté pentecôtiste « Elim », sera pendant près de quarante ans (1927-67) une figure incontournable du pentecôtisme français.[3] Longtemps synonyme de pentecôtisme en France, les ADD ont exercé une place prédominante jusqu’en 1968, date à laquelle la Mission Evangélique Tzigane (jusqu’alors partie intégrante des ADD) affirmera la nécessité de son autonomie et se séparera à l’amiable des ADD.[4]

 

Les ADD ne firent leur apparition en Alsace que relativement tard, au début des années soixante, après trente années d’histoire d’un pentecôtisme alsacien essentiellement d’expression germanophone et après l’arrivée, quelques années plus tôt, de l’Eglise de Dieu en France (1957) et des Eglises pentecôtistes italiennes établies dans le nord de l’Europe, les « Chiese Cristiane Italiane nel Nord Europa » (1961).

 

Gilbert Ringenbach: un pionnier du pentecôtisme français en Alsace

 

C’est Clément Le Cossec (né en 1921), fondateur de la Mission Evangélique Tzigane (MET) et lui-même pasteur affilié aux Assemblées de Dieu de France[5], qui sera à l’origine de la venue de Gilbert Ringenbach (né en 1935 à Masevaux dans le Haut-Rhin) dans l’Est de la France. Après un court séjour dans le Pays de Montbéliard, il viendra s’installer en Alsace en septembre 1963.

 

Après trois décennies d’un pentecôtisme alsacien en grande partie affiliée à la Mission Pentecôtiste Suisse (la Schweizerische Pfingstmission) et centrée autour de la personne de Paul Siefer, une période de transition (1963-69) verra les ADD s’établir tout d’abord à Mulhouse (1963) puis à Strasbourg (1967). Il donnera au pentecôtisme alsacien un nouveau visage qui se distinguera rapidement par la mise en place d’une stratégie missionnaire visant à interpeller les démunis de la société (les malades, les affligés, les gens qui cherchent...), une approche centrée sur l’évangélisation et résolument francophone. Une génération nouvelle de jeunes prédicateurs d’origine les plus diverses feront tour à tour équipe avec Gilbert Ringenbach, le troubadour évangéliste qui non seulement prêche avec sa Bible mais qui chante aussi ses propres compositions en s’accompagnant d’une guitare. Certains seront ses « stagiaires », d’autres ses proches collaborateurs[6] avant de devenir eux-mêmes pasteurs d’Eglises pentecôtistes dans différentes grandes villes françaises.[7]

 

Que ce soit au moyen de réunions d’évangélisation hebdomadaires dans leurs propres lieux de culte ou ponctuelles dans des salles louées pour l’occasion (dans des cafés-restaurants, par exemple), que ce soit des missions d’évangélisation sous la tente (avec des prédicateurs tziganes) ou de grands rassemblements (comme celui avec le prédicateur américain Nicky Cruz[8] au Palais des Fêtes de Strasbourg en 1981), l’effort missionnaire est dépendant de l’engagement et de la mobilisation de chaque membre de la communauté. Cela peut se faire tout simplement sous forme de distribution massive de traités[9] et d’invitation personnelle communiquée notamment au sein du cercle familial, parmi les collègues de travail et les voisins. Une formation est souvent proposée par des responsables ou anciens de l’Eglise à ceux qui souhaitent participer régulièrement au service d’accueil et/ou au travail de suite après les réunions.

 

Les « annexes »: la stratégie d’implantation des Assemblées de Dieu

 

Pour les ADD la croissance de l’Eglise s’organise notamment géographiquement et passe par l’ouverture de nouveaux lieux de culte appelés « annexes ». Les deux principaux critères pouvant rentrer en ligne de compte sont d’une part l’importance démographique de la ville, d’autre part la présence d’un noyau de chrétiens pentecôtistes habitant déjà la localité en question et souhaitant leur propre lieu de culte sur place. Pendant la période de consolidation (1970-79) les ADD ouvriront leurs deux premières « annexes » à Haguenau (1976) et à Soultz (1979).

 

Pendant la période d’implantation (1980-99), la croissance des ADD passera notamment par l’établissement d’annexes aussi bien dans le Bas-Rhin: à Sarre-Union (1981), Sélestat (1983), Natzwiller (1989), Wasselone (1997), le berceau du pentecôtisme alsacien, et Benfeld (1999), que dans le Haut-Rhin: à Saint-Louis (1984), Colmar (1986) et Altkirch (1995). Les ADD représentent environ 40% du pentecôtisme alsacien.[10]

 

Les œuvres sociales: soupe, savon et salut[11]

 

Après des débuts difficiles marquée par une séparation d’avec Jean Peterschmitt (en 1965) qui fera date dans l’histoire du pentecôtisme alsacien[12], l’Assemblée de Dieu de Mulhouse verra, à partir de 1975, son développement accompagné d’une composante sociale de plus en plus importante. Il s’agit toujours et encore de rendre l’Evangile accessible aux pauvres, aux démunis et aux oubliés de la société. C’est l’Evangile pratique et pratiqué.

 

C’est grâce à la collaboration bénévole des chrétiens de l’assemblée que le pasteur Moïse Lormier pourra ouvrir un centre d’accueil pour jeunes en difficulté: le Centre « SOS Jeunes » (plus tard appelé « Centre Emmanuel ») de la Rue Neppert Mulhouse (en 1975). De ces humbles débuts naîtra un travail social qui se professionnalisera de plus en plus et qui se fera en étroite collaboration avec les services sociaux de la ville de Mulhouse. Son organisation et sa structuration se feront par étapes. Celle-ci devra son développement principalement au pasteur Pierre Dupret[13] et à son épouse. Ce sont ces derniers qui ouvriront successivement un centre d’accueil féminin, le « Foyer Bethel » (en 1984), et un centre de réinsertion sociale par le travail, la ferme « Péniel » (en 1985).[14] Depuis cette année (2000), l’Association chrétienne pour la coordination de l’entraide et de la solidarité (ACCES)[15] regroupe le Foyer de Jeunes Travailleurs de la Rue des Chaudronniers (80 places)[16], le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale « Le Passavant » (70 places)[17] et le Centre d’Adaptation à la Vie Active « Le CAVA »[18] situés Rue du Collège à Mulhouse.

 

De l’évangélisation à l’éducation de la foi: les exigences de la maturité

 

Après avoir été longtemps fidèle au modèle classique d’évangélisation des ADD (avec réunions d’évangélisation le dimanche après-midi et en semaine au moins une réunion en soirée voire quelquefois une aussi dans l’après-midi), le pentecôtisme alsacien tel qu’il se vit au sein des ADD verra, dès la fin des années soixante-dix, son approche se diversifier avec notamment l’instauration d’un système décentralisé de cellules de maison dans certaines Eglises (parfois en remplacement de la réunion de prière centrale en semaine), mais aussi par la réduction du nombre de réunions d’évangélisation traditionnelles à un seul rassemblement hebdomadaire.

 

Le pentecôtisme français a souvent donner l’impression que sa vocation missionnaire se résumait à la prédication de l’expérience de la conversion et de l’expérience de la guérison divine[19] en mettant l’accent sur ce que l’action de l’Esprit-Saint a d’immédiat dans la « nouvelle naissance » et le « miracle » vécu, c’est-à-dire dans l’intervention surnaturelle de Dieu faisant suite à la prière de la foi. On avait tout lieu de croire qu’il ne se soucie guère d’enseignement et de formation. Certains critiques du mouvement pentecôtiste doutent même s’il y a un corpus theologicæ qui lui soit propre.[20] D’ailleurs on serait tenté de le croire, car en Alsace comme (presque) partout ailleurs en France, le corps pastoral des ADD est généralement peu formé à la tâche sur le plan théologique et de surcroît peu soucieux de l’être si ce n’est à la pratique des disciplines spirituelles.

 

En y regardant de plus près, on remarque que les pentecôtistes pratiquent pourtant des formations très diversifiés parmi lesquelles nous retiendrons deux exemples concrets. D’une part, il y a celui de l’Ecole des Disciples à Strasbourg, qui durant sa courte histoire (1981-82) alternera séminaires d’enseignements et stages pratiques. D’autre part, il y a l’exemple de l’assemblée de Mulhouse où sera mis en chantier un programme d’enseignement biblique et de formation systématique pour responsables – en particulier dans le cadre de l’Ecole du dimanche (1984-87). Dans les deux cas, il y a un intérêt véritable pour une réflexion sur l’Ecriture et sur l’expérience pentecôtiste, un souci de formuler l’essentiel de la foi, une priorité donnée à une pédagogie qui envisage une foi adulte et mature.

 

Le monde estudiantin: un champ missionnaire privilégié

 

Conscient d’être dans une ville universitaire, l’Eglise Evangélique de Pentecôte (ADD) de Strasbourg ressentira le besoin de fonder une œuvre s’adressant plus spécifiquement aux milliers d’étudiants fréquentant les facultés de la capitale alsacienne. Longtemps responsable du travail parmi la jeunesse de cette assemblée, Pierre Yérémian est celui dont la vision d’évangélisation aboutira au lancement d’un Foyer Evangélique Universitaire (FEU) résolument pentecôtiste. Son programme inclura des réunions d’évangélisation hebdomadaires, des stands bibliques réguliers devant les restaurants universitaires, des conférences, des concerts de musique et des projections de films à caractère chrétien (1975-89). Fidèle à cette tradition, l’assemblée de Strasbourg témoigne aussi en l’an 2000 de son engagement pour le monde estudiantin: un point d’accueil « Spécial Etudiants » ouvre ses portes tous les jours du lundi au vendredi (de 12 h à 14 h) au 3, place St Nicolas aux ondes.[21]

 

De l’Association Gestionnaire à l’Association Cultuelle: une Eglise en quête d’identité juridique

 

Pour l’assemblée de Strasbourg la question de l’identité juridique ne se posera pas tant qu’elle dépendra de celle de Saint-Dié (Vosges). Cette dernière, n’étant pas soumise au régime particulier de l’Alsace-Lorraine, avait pu se constituer en Association Cultuelle régie par la loi du 1er juillet 1901. Quant Strasbourg voudra affirmer sa propre existence légale, elle ne pourra s’inscrire au Registre des Associations le 20 septembre 1977 que comme « Association Gestionnaire de l’Eglise Evangélique de Pentecôte dite Assemblée de Dieu de Strasbourg ».

 

De façon analogue, l’assemblée générale de l’ADD de Mulhouse avait décidé à l’unanimité, le 4 février 1968, de se déclarer officiellement en Association Cultuelle. La préfecture du Haut-Rhin, s’opposant systématiquement à l’inscription au registre des associations de toute association cultuelle créée par des cultes non reconnus légalement, s’appuiera comme à l’accoutumé sur l’article 61 alinéa 2 du Code Civil Local qui affirme que « l’autorité administrative peut s’opposer à l’inscription des associations dont l’objet est politique, social ou religieux ».[22] Pour s’assurer une identité juridique, elle se verra obligé, elle aussi, de s’inscrire au Registre des Associations en tant qu’ « Association Gestionnaire de l’Eglise Evangélique dite Assemblée de Dieu de Mulhouse » (en 1980).

 

De telles situations d’exclusion font en principe partie du passé depuis que la jurisprudence a évolué dans un sens très favorable à l’extension de la totale liberté d’association dans les trois départements de l’Est. Par suite d’un jugement du Conseil d’Etat (1980), il est arrêté que le droit d’opposition de la part de la Préfecture ne pourra se faire que pour des motifs d’ordre public et non plus pour des raisons d’opportunité.[23] En 1986, l’assemblée de Mulhouse modifiera ses statuts afin de pouvoir légalement se définir comme une Association Cultuelle et refléter ainsi de par son appellation juridique la nature de ce qu’elle a toujours été et voulue être au sein de la société française: un « lieu » de culte chrétien.

 

 

 

CARACTERISTIQUES  DE LA SPIRITUALITE PENTECOTISTE[24]

 

Les valeurs implicites de la spiritualité pentecôtiste[25]

 

La spiritualité pentecôtiste se caractérisée par (1) une place prédominante accordée à l’expérience à la fois personnelle et expressive du Saint-Esprit et à la participation aux activités proposées par la communauté, (2) une préférence pour la communication orale de type narratif sous ses différentes formes de témoignage – parlé, chanté et prié; (3) la spontanéité dans la piété personnelle et la vie communautaire; (4) le détachement de ce monde soutenu par une eschatologie futuriste qui met l’accent sur le retour de Jésus tout en communiquant un sentiment d’urgence; (5) l’autorité de la Bible souvent interprétée avec une herméneutique favorisant l’immédiateté de la lecture et invoquant le précédent biblique à suivre; (6) une réceptivité à l’activité et à l’inspiration du Saint-Esprit, spécialement par la réception du baptême dans le Saint-Esprit[26] et la pratique des divers charismes en vue de la transformation spirituelle personnelle; (7) un mouvement laïque[27] avec une mentalité de base; et (8) l’engagement social comme proclamation de tout l’Evangile pour tout homme qui  inclut la cause du pauvre ainsi que la quête de justice.

 

On pourrait rétorquer que l’un ou l’autre, voire plusieurs de ces traits mentionnés ne sont pas spécifiquement pentecôtistes. On peut répondre à une telle objection de deux manières: (1) la foi et la pratique pentecôtistes ne prétendent ni n’ont l’intention d’être des nouveautés qui seraient en rupture avec la foi chrétienne historique; (2) de toute évidence, les mêmes valeurs, séparément ou dans certaines combinaisons, peuvent se retrouver dans d’autres traditions chrétiennes. Mais réunies sous cette forme, ces huit valeurs (qui n’ont rien d’une liste exhaustive!) caractérisent la tradition pentecôtiste.[28]

 

 

 

 

 

 

 

Le pragmatisme des stratégies missionnaires pentecôtistes

 

Nul doute qu’au fil des années, les pentecôtistes se sont distingués comme des praticiens de la mission »[29] et continuent de l’être, laissant plutôt aux autres l’art de développer de savantes théories. Bien que certains missiologistes compétents[30] sont issus du mouvement pentecôtiste, la plupart des pentecôtistes se sentiraient mal à l’aise à l’idée de participer à un tel exercice académique. Les stratégies missionnaires pentecôtistes mettent l’emphase sur les résultats sur le  plan de l’évangélisation en terme d’hommes et de femmes convertis à Christ et devenus des membres responsables de communautés qui se multiplient.[31] Parler de mission pentecôtiste, c’est parler d’une entreprise missionnaire qui marche. Dans sa forme extrême, l’appel du pasteur pentecôtiste est mesuré par son aptitude à évangéliser et par son efficacité à communiquer avec les gens.[32] Vu l’importance de la conduite de l’Esprit dans les missions pentecôtistes, une large mesure de flexibilité et de créativité sont cependant en principe toujours possibles: les stratégies missionnaires pentecôtistes présupposent une conception dynamique de la théologie biblique. Avoir une stratégie signifie avoir le testimonium,[33] le témoignage intérieur de l’Esprit sous forme de concept positif mais pragmatique, y réfléchir, le mettre en pratique et enfin l’évaluer à la lumière de l’expérience et des résultats.

 

 

La perspective ecclésiologique des missions pentecôtistes

 

L’Eglise du 21ème siècle sera une Eglise missionnaire ou bien elle sera une Eglise démissionnaire: d’un point de vue pentecôtiste, de tels propos n’ont rien d’exagéré. Mais on oublie bien trop souvent que le pouls des missions pentecôtistes se prend dans l’église locale. On ne peut comprendre la mission pentecôtiste sans comprendre son ecclésiologie. Ce n’est certainement pas par pure coïncidence que d’éminents missiologues pentecôtistes de la première heure comme Melvin L. Hodges ont écrits des livres sur la mission qui mettent l’accent sur l’Eglise, comme le montre par exemple la structure tripartite de l’un de ses ouvrages, allant d’une théologie de l’Eglise vers une théologie de la mission de l’Eglise pour finalement porter son regard sur l’Eglise en mission.[34] D’une manière similaire, Morris Williams définit le partenariat en mission en termes de projet de construction de l’Eglise, de matériaux de construction de l’Eglise et de l’équipe chargée de la construction de l’Eglise.[35]

 

L’Eglise est la communauté du peuple de Dieu et ce n’est qu’en tant que telle qu’elle est « l’agent de Dieu sur terre », pour utiliser les mots de Melvin Hodges, « le moyen par lequel il s’exprime au monde. Dieu n’a pas d’autre agence rédemptrice sur terre. »[36] Au vu du regain de croissance de la bureaucratie, de la centralisation et des hiérocraties, comme on peut l’observer, par exemple, dans les développements récents au sein des Eglises protestantes allemandes, il est devenu urgent de prendre la parole pour rappeler que les « personnes » et la « communauté » sont effectivement les deux pôles qui à eux deux forment la réalité  biblique de l’Eglise. On peut se demander, si le souci principal d’une Eglise est de sauver des institutions, si elle sera en mesure de sauver des personnes? Cette question est particulièrement significative, si sauver des individus n’est pas la même chose que d’avoir un nombre croissant de personnes qui vont à l’église le dimanche, qui se ressemblent, qui parlent la même langue (disant les mêmes choses!) et qui (ne) font (pas) les mêmes choses.

 

 

 

LA THEOLOGIE PENTECOTISTE DES ASSEMBLEES DE DIEU DE FRANCE

 

 

Si à juste titre le pentecôtisme met l’accent sur l’expérience de l’Esprit dans la vie chrétienne, il est erroné d’affirmer que l’enseignement joue un rôle secondaire dans les Assemblées de Dieu de France. On peut résumer les grands axes doctrinaux du pentecôtisme en quatre chapitres:

 

(1)         Le Saint-Esprit et les Saintes Ecritures

(inspiration – révélation – autorité)

 

Les ADD « ne reconnaissent qu’un seul livre faisant autorité en matière de foi: la Bible, Parole inspirée de Dieu ».[37] Le Saint-Esprit fait office de directeur de chantier et supervise les travaux des différents auteurs bibliques avec la personnalité, les expériences, les aptitudes et le style littéraire qui leurs sont propres.[38] Alors que leurs écrits véhiculent le message de Dieu, le Saint-Esprit est lui-même le garant de la fidélité de sa communication et de la fiabilité de sa transmission. Comme Jésus l’avait promis, le Saint-Esprit les a conduit dans la vérité, a ravivé leur mémoire et leur a enseigné tout ce qui était nécessaire et suffisant concernant la révélation de Dieu (Jean 14-16).[39]

(2)         Le Saint-Esprit et la Sainte Trinité

(unité du seul et vrai Dieu)

 

Les ADD se situe dans la tradition trinitaire du christianisme historique telle qu'elle est exprimée dans le Symbole de Nicée-Constantinople (381). Ils confessent l'unité du seul et vrai Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit et rappellent en particulier l'importance de la personnalité et de la divinité du Saint-Esprit, le trop souvent "oublié" de la Trinité.[40] S'il est vrai que d'une certaine manière la formule « Jésus sauve, baptise, guérit et revient » constitue le noyau de voûte de la théologie pentecôtiste, il faut y voir un accent christologique et expérimental plutôt qu'un résumé de traité de théologie systématique.[41]

 

(3)         Le Saint-Esprit et la sainteté de la condition humaine

(péché – repentance – conversion – nouvelle naissance – baptême de l’Esprit – dons de l’esprit – sanctification – guérison divine)

 

Les ADD croient d'une part que toute l'humanité est livrée à la puissance du péché et de la mort, d'autre part que la condition humaine est totalement changée par l'œuvre du Christ. Celle-ci ouvre la possibilité d'une nouvelle existence de "sainteté" (d'appartenance à Dieu) où la vie quotidienne passe sous l'autorité du Seigneur Jésus. La conversion décrit le comportement de l'homme qui se détourne de son passé en faisant acte de repentance envers Dieu en pensée, en parole et en acte, alors qu'il fait personnellement profession de foi en Jésus, le Ressuscité. La nouvelle naissance se réfère plus particulièrement à l'oeuvre de régénération du Saint-Esprit permettant à la "nouvelle création" de porter les fruits d'une vie nouvelle. Par baptême dans le Saint-Esprit, on entend l'expérience de la Pentecôte, un recouvrement de puissance accompagnée notamment par le phénomène du parler en langues (selon Actes des Apôtres 2:4). Celui-ci est jugé nécessaire à la poursuite de la vie chrétienne comme serviteur et témoin de Jésus. Dieu met divers dons ou charismes au service du chrétien tout particulièrement pour l'édification de la communauté ecclésiale. Partie intégrante de son mandat missionnaire, l'Eglise possède un ministère de guérison dans un monde en proie à la misère et à la maladie. L'expérience de la guérison divine peut se faire – sur le plan physique et/ou psychique – à l'aide de la prière de la foi, le don des guérisons, la prière de la communauté des fidèles et/ou l'onction d'huile.

 

(4)         Le Saint-Esprit et la sainte communion des croyants

(baptême d’eau et sainte cène)

 

Le baptême d'eau est pratiquée par immersion totale suite à la confession de foi (et parfois d'une brève initiation baptismale) du candidat. S'il est le symbole d'une union avec le Christ (mort-ensevelissement-résurrection), il est aussi l'expression d'une appartenance nouvelle à l'Eglise, peuple de Dieu et communauté des fidèles, et d'un engagement concret dans ses rangs. La Sainte Cène est à la fois un mémorial (regard vers le passé: l'oeuvre de la croix), une célébration (regard vers le présent: fête communautaire) et une proclamation (regard vers le futur: la parousie). Dans les deux cas, les ADD y voient des actes constitutifs de l'Eglise et des expressions de la foi personnelle des fidèles, mais non pas des sacrements produisant la grâce par leur propre vertu ex opere operato. 

 

Considérant la primauté de sa tradition orale et son accent plaçé sur l'expérience, le pentecôtisme a souvent été tenté d'emprunter son herméneutique et sa théologie aux "évangéliques", ce qui a eu pour conséquence immédiate une influence considérable du fondamentalisme sur le pentecôtisme français, en particulier sur les ADD. Notons que le système théologique de référence du fondamentalisme chrétien est le dispensationalisme.[42] Ses caractéristiques durables sont: l’intransigeance, l’isolationnisme, l’autoritarisme, le dualisme et le réductionisme.

 

 

 

PENTECOTISME ET PROTESTANTISME

 

 

Au cours du vingtième siècle, le monde chrétien a vu son visage profondément transformer par l’apparition et le développement sans précédent des mouvements pentecostal-charismatiques.[43] Ce phénomène mondial est pourtant resté largement méconnu en Europe, en grande partie dû au fait qu’il y fait figure de courant minoritaire au sein de l’Eglise[44] et qu’il n’a jamais exerçé qu’une influence marginale dans la société contemporaine. Trop rare sont encore ceux qui réalisent que le pentecôtisme représente aujourd’hui le quatrième courant au sein du christianisme à côté de l’orthodoxie, du catholicisme et du protestantisme.[45] Avec plus de 11 000 dénominations pentecôtistes et 3 000 dénominations charismatiques indépendantes de par le monde, sans compter un  grand nombre de communautés inte-dénominationnelles et groupes charismatiques au sein des Eglises dites « établies », on ne peut comprendre les mouvements pentecostal-charismatiques en leur imposant les schémas d’interprétation confessionalistes traditionnels. C’est une tradition certes jeune - avec un siècle d’histoire seulement – mais qui représente un défi véritable pour l’avenir de l’Eglise chrétienne, sa vie et sa théologie.[46] Le fait que les ADD ne soient pas membres de la Fédération Protestante de France n’est pas en premier lieu une question d’œcuménisme mais une question d’identité. On peut aussi noter que le statisticien David B. Barrett classifie les pentecôtistes et les charismatiques séparément.[47]

 

 

 

PENTECOTISME ET OECUMENISME[48]

 

Des responsables pentecôtistes clés du passé[49] et un nombre croissant d’érudits pentecôtistes[50] aujourd’hui défendent de façon convaincante la thèse que les pentecôtistes sont œcuméniques même s’ils ne réalisent pas toujours pleinement leur propre dimension œcuménique. Considérant la pluralité et la diversité des Eglises et groupes qui de par le monde s’identifie avec le mouvement pentecôtiste/charismatique[51], celui-ci doit réaliser qu’il est, dans les faits et à bon droit, devenu un mouvement œcuménique. Il faut y voir l’émergence d’une nouvelle tradition chrétienne, un processus d’unification qui est l’oeuvre de l’Esprit et non pas un édifice institutionnel. La Conférence Pentecôtiste Mondiale en a été sans nul doute pendant plus d’un demi-siècle (depuis 1947) une expression concrète, certes sélective mais non pas monolithique. Avant cela, des rassemblements internationaux tel que la Conférence de Hambourg (1908) rassemblèrent beaucoup de responsables pentecôtistes internationaux.[52] Thomas B. Barratt, un des apôtres de l’Europe, avait lancé « un appel urgent à la charité et à l’unité » (1911), un appel qui n’a rien perdu de son actualité. Dans les années à venir, si les Pentecôtistes ont l’intention de promouvoir entre eux la compréhension et la coopération, ils devront porter un regard réaliste à leurs propres différences en matière de foi et de pratique afin de les surmonter. Mais si l’on considère que l’Esprit a été donné à l’Eglise – l’Eglise dans le sens large du terme, c’est-à-dire « universelle » - les Pentecôtistes doivent aussi apprendre à regarder par-delà leurs propres différences afin de pouvoir apprendre des leçons des autres chrétiens. Et bien sûr, l’Eglise universelle a besoin de découvrir l’expérience de l’Esprit, ce qui signifie que les traditions chrétiennes plus anciennes doivent être disposées à apprendre des leçons des Pentecôtistes et des Charismatiques comme venant d’une tradition sœur quoique plus jeune en âge.[53] Jusqu’à ce jour, la plupart des théologiens catholiques et protestants européens – en tout cas dans les pays francophones et germanophones – continuent d’ignorer complètement le mouvement pentecôtiste/charismatique européen dans leurs ouvrages sur l’œcuménisme. Les colloques œcuméniques allemands sur la mission, par exemple, continuent d’avoir lieu sans la moindre participation significative d’un théologien pentecôtiste qui puisse adresser les questions ayant trait au Pentecôtisme.[54]

 

Quel sera le bilan de santé de l’Eglise du prochain millénaire? Sera-t-elle capable, en réponse à la prière de Jésus (Jean 17:21), de produire dans l’esprit de la Pentecôte une unité nouvelle et visible parmi tous les chrétiens? Si l’on considère tout ce que l’Eglise – et en particulier la tradition pentecôtiste – produit, distribue et consomme en matière de richesses spirituelles, on est droit à se poser la question si elle sera capable, en effet, de pourvoir aux besoins matériels et spirituels des siens et de ceux qui vont venir à elle?[55] Pour ce faire, l’Eglise sera-t-elle en mesure de développer un bien-être œcuménique plutôt qu’un malaise économique qui serait un reniement de son ordre de mission et qui disqualifierait son témoignage face à ce monde?

 



[1] Raymond Pfister, Soixante ans de pentecôtisme en Alsace (1930-1990). Etudes d'histoire interculturelle du christianisme, vol. 93 (Francfort, Berne, New York, Paris, Vienne: Peter Lang, 1995), 93-121.

[2] Bien qu'apparentées aux "Assemblies of God " américaines, les Assemblées de Dieu de France forment une organisation nationale indépendante, qui s'est toujours gardée de toute ingérence extérieure, veillant à  préserver son indépendance nationale et culturelle.

[3] Malgré plusieurs campagnes d'évangélisation en Suisse (1932-33, 1956-57), il ne fera que deux brèves visites en Alsace (en 1956 et en 1967, peu de temps avant son décès). 

[4] Notons que jusqu'en 1984, leur revue Vie et Lumière précisera que la Mission Evangélique Tzigane n'est autre que les Assemblées de Dieu Tziganes. En 1988 les Assemblées de Dieu de France représentent environ 61% (avec 60 000 membres baptisés) et les Tziganes pentecôtistes environ 35,5% (avec 35 000 membres baptisés) du pentecôtisme français.

[5] Il figure encore dans l'édition 2000 de l'Annuaire des Assemblées de Dieu de France dans la liste officielle de ses prédicateurs (p. 104).

[6] C'est-à-dire des pasteurs dont le ministère est déjà officiellement reconnu par les ADD à l'échelle nationale.

[7] De leur nombre sont François Forschlé aujourd'hui pasteur à Paris-Montrouge, Joseph Atta N'Tiamoa pasteur à Metz, Paul Ettori pasteur à Paris (11e) et Daniel Hébert pasteur à Bordeaux (Annuaire des Assemblées de Dieu de France 2000).

[8] D'origine portoricaine, Nicky Cruz est issu du ghetto newyorkais où il fait une expérience dramatique de conversion chrétienne (en 1958) suite au ministère du pasteur pentecôtiste David Wilkerson.

[9] 40 000 prospectus et 1 000 affiches sont imprimés pour l'occasion.

[10] Le nombre de membres est estimé entre 1 300 et 1 500 personnes baptisés par immersion.

[11] Les trois "s" de la formule salutiste décrivent aussi l'esprit de la conception pentecôtiste de l'action sociale.

[12] En 1966 Jean Peterschmitt fondera à Mulhouse-Pfastatt ce qui deviendra la première des Communautés du Plein Evangile "La Porte Ouverte", une dénomination dont l'importance numérique en Alsace est devenue comparable voire supérieure à celle des ADD.

[13] Pierre Dupret fut le tout premier missionnaire français des ADD au Burkina Faso (anciennement Haute-Volta) de  1948 à 1980.

[14] Le Foyer Bethel se trouvait à Mulhouse même et la ferme Péniel dans le village d'Eglingen, à 16 km de Mulhouse.

[15] Anciennement Association SOS Jeunes et Personnes âgées.

[16] Celui-ci est le successeur du Centre Emmanuel après la destruction des tours Neppert en 1997.

[17] Anciennement Centre Bethel.

[18] Anciennement ferme Péniel.

[19] Se par le passé bon nombre de lieux de culte des ADD se nommaient "Mission Salut et Guérison". Aujourd'hui plus personne n'utilise cette appellation. La préférence va à "Eglise Evangélique de Pentecôte" ou "Eglise Evangélique" tout court.

[20] George R. Stotts, Le Pentecôtisme au pays de Voltaire (Craponne: Association Viens et Vois, 1981), 159.

[21] Annuaire Assemblées de Dieu de France 2000, 65.

[22] Jean Joho, Guide pratique des associations d'Alsace-Lorraine, 4e éd. (Colmar: Jean Joho, 1985), 255-57.

[23] "L'Eglise évangélique baptiste de Colmar au registre des associations" L'Alsace, 6 août 1980. La Préfecture du Haut-Rhin avait affirmé que ladite association connaîtrait une situation plus favorable que celle qui est faite aux cultes reconnus.

[24] Il va de soi que la spiritualité pentecôtiste décrite dans ces lignes ne se rapporte pas aux seules Assemblées de Dieu de France.

[25] Ce point est largement inspiré d'un article de Russel P. Spittler, "Implicit Values in Pentecostal Missions" dans Missiology: An International Review, Vol. XVI, No. 4, Octobre 1988, pp. 409-424.

[26] Le baptême dans le Saint-Esprit se réfère à l'expérience de la Pentecôte mentionnée dans le livre des Actes des Apôtres (chapitre 2, verset 4). Il est le revêtement de puissance promis aux chrétiens et est accompagné par le parlé en langues, ce dernier faisant office de "signe physique initial" dans l'enseignement des ADD.

[27] Dans bon nombre de pays européens, le pasteur pentecôtiste ne détient aucune éducation théologique. Même s'il a fréquenté une école biblique pour 1, 2 ou 3 années, il a tout au plus suivi un programme d'endoctrinement, étant donné que celle-ci n'est que le prolongement de l'église locale. Il faut noter que cette résistance à l'éducation théologique s'explique en partie par le fait qu' historiquement celle-ci a toujours produit un clergé professionnel. 

[28] Spittler, 411.

[29] Gary B. McGee, "The Azusa Street Revival and Twentieth-Century Missions," International Bulletin of Missionary Research 12 (1988) 60.

[30] Par exemple: Grant McClung, Gary McGee, Paul Pomerville,

[31] Paul A. Pomerville, The Third Force in Missions (Peabody, MA: Hendrickson, 1985), 108.

[32] Comme c'est le cas dans les Assemblées de Dieu de France; voir R. Pfister, Soixante ans de pentecôtisme, 93-121.

[33] Pomerville, 120-127.

[34] Melvin L. Hodges, A Theology of the Church and Its Mission (Springfield, MO:  Gospel Publishing House, 1977).

[35] Morris Williams, Partnership in Mission (Springfield, MO: Department of Foreign Missions of the Assemblies of God, 1979).

[36] Melvin L. Hodges, A Guide to Church Planting (Chicago: Moody Press, 1973), 15. Voir aussi la communication de Howard Snyder durant le Congrès International sur l' Evangélisation du Monde, tenu à Lausanne en 1974: "The Church as God's Agent in Evangelism" dans  Let the Earth Hear His Voice (Minneapolis: World Wide Publications, 1975), 327-360.

[37] Annuaire 2000 des ADD,  3.

[38] Il n'y a là nulle place pour une conception mécanique de l'inspiration des Saintes Ecritures.

[39] John R. Higgins, "God's Inspired Word" dans Systematic Theology: A Pentecostal Perspective, éd. Stanley M. Horton (Springfield, MO: Logion Press, 1994), 110.

[40] Anthony D. Palma, L'Esprit – Dieu en action (Craponne: Viens et Viens, 1989), 7-20.

[41] Daniel Brandt-Bessire, Aux sources de la spiritualité pentecôtiste (Genève: Labor et Fides, 1986), 171-195.

[42] "Card-carrying fundamentalists... are almost invariably dispensationalists". George M. Marsden, "Defining American Fundamentalism" dans The Fundamentalist Phenomenon, édité par Norman J. Cohen (Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1990), 34.

[43] Les pentecôtistes et les charismatiques sont passés de 3 700 000 en 1900 à 523 767 000 en l'an 2000 selon les données de David B. Barrett et Todd M. Johnson, "Annual Statistical Table on Global Mission: 2000" dans International Bulletin of Missionary Research, Janvier 2000

[44] Considérés à l'échelle mondiale, seuls près de 2,5% des pentecôtistes et près de 18% des charismatiques se trouvent en Europe. Voir David B. Barrett, "Statistics, Global" dans Dictionary of Pentecostal and Charismatic Movements. Grand Rapids, MI: 1988, 817.

[45] James Dunn, "Les pentecôtistes" dans Guide illustré de l'histoire du christianisme. Paris: Le Centurion, 1982, 618-621.

[46] Jürgen Moltmann et Karl-Josef Kuschel, "Editorial" dans Les Mouvements de Pentecôte: Aiguillon oecuménique. Concilium 1996-265, 7-9.

[47] David B. Barrett et Todd M. Johnson, "Annual Statistical Table on Global Mission: 2000" dans International Bulletin of Missionary Research (Janvier 2000). Selon les chiffres indiqués pour la mi-2000, les pentecôtistes/

charismatiques (523 767 000) sont numériquement presque aussi importants que les orthodoxes (215 129 000) et les protestants (342 035 000) réunis. L'importance du phénomène est peu perceptible en Europe où n'est représenté que 2,5% du pentecôtisme mondial.

[48] Une partie de cet exposé est extraite de la communication  donnée par le présent auteur lors de la conférence annuelle de la Society for Pentecostal Studies le 18 mars 2000 à Northwest College, une université des Assemblées de Dieu américaines à Kirkland, Etat de Washington (Etats-Unis).

[49] Pour des exemples européens, voir Donald Gee, Angleterre (The Contribution of the Pentecostal Movement to the Church Universal), Ludwig Eisenlöffel, Allemagne (...bis alle eins werden: Siebzig Jahre Berliner Erklärung. Erzhausen: Leuchter Verlag, 1979), Leonhard Steiner, Suisse (Mit folgenden Zeichen. Basel: Verlag Mission für das volle Evangelium, 1954), Paul Siefer, France (voir dans Raymond Pfister, Soixante ans de pentecôtisme en Alsace (1930-1990). Etudes d'Histoire Interculturelle du Christianisme, vol. 93. Berne, Frankfurt, Paris, New York: Peter Lang, 1995, pp. 40-75).

[50] Par exemple: Cecil M. Robeck, Jr., Cheryl Bridges Johns, Juan Sepulveda, Veli-Matti Käerkkämen, Harold Hunter, Gary McGee, David Daniels.

[51] Stanley M. Burgess et Gary B. McGee, éd.. Dictionary of Pentecostal and Charismatic Movements (Grand Rapids, MI: Zondervan, 1988), s.v. "Statistics", par David B. Barrett.

[52] Stanley M. Burgess et Gary B. McGee, éd. Dictionary of Pentecostal and Charismatic Movements (Grand Rapids, MI: Zondervan, 1988), s.v. "Pentecostal World Conference" par C.M. Robeck, Jr.

[53] Cela signifie – spécialement en Europe –  que les Eglises Pentecôtistes  ne sont plus considérées comme des sectes religieuses. La plupart des dictionnaires allemands décrivant des groupes religieux adoptent encore une telle attitude. Par exemple: Lexikon der Sekten, Sondergruppen und Weltanschauungen. Freiburg, Basel: Herder, 1990), 796-802 – où la définition du Pentecôtisme se trouve quelque part entre celle du panthéisme et celle du polythéisme.

[54]Une conférence œcuménique organisée par le Conseil Oecuménique des Eglises Chrétiennes d'Allemagne (ACK) eut lieu à l' Académie de la Mission à Hambourg (17-19 mai 1999) avec pour thème "Un œcuménisme missionnaire: vers un profil missionnaire pour le prochain millénaire".  Celle-ci fut tenue dans le cadre du programme d'étude de l' ACK sur "la mission et l' évangélisation en Allemagne".  Le Pasteur Gustav Yeboah, pasteur d'une communauté chrétienne africaine à Hambourg fut le seul participant pentecôtiste à jouer un rôle actif, mais de moindre importance – ajoutant plutôt un air d'exotisme  – dans ce colloque.

[55] Pfister, 201.